Une maison fissurée perd tout ou partie de sa valeur marchande, et les réparations sont très couteuses. On ne s’étonnera donc pas que certains vendeurs peu scrupuleux tentent de minorer de tels défauts, voire de les dissimuler.
Un phénomène naturel
L’argile gonfle lorsqu’elle absorbe de l’eau et se rétracte quand elle est asséchée. Dès lors, si un terrain contient une importante masse d’argile, sa surface monte ou s’affaisse selon qu’il est gorgé d’eau ou sec, et les constructions qui se trouvent au dessus avec ….
Les conséquences
Les conséquences sont très variables : Si la masse d’argile est uniforme sous la totalité d’une construction aux volumes simples et ayant des fondations solides, il y aura moins de risques que s’il y a plusieurs volumes construits pour partie seulement au dessus d’une masse d’argile alors que les fondations n’ont pas été étudiées en conséquence.
Dans ce dernier cas, rien ne casse tant que le sol garde l’humidité qu’il avait lors de la construction, et donc jusqu’au jour où une sécheresse provoque une rétractation du sol.
Les fissurations apparaissent de plusieurs manières : Sur une maison au volume simple, lorsque le sol se rétracte sous la moitié de la construction, les fissures apparaissent au milieu, au dessus des portes et fenêtres, et à l’horizontale au dessus des fondations à l’extrémité de la partie concernée.
Si la construction comporte plusieurs volumes, c’est le plus souvent à la liaison de ses volumes que les fissures apparaissent.
Les maisons construites sur vide sanitaire sont moins fragiles en ce que le sol pouvant librement se rétracter sous le plancher, la variation sera moins importante sous les fondations.
Lorsque la construction aura été faite sur terre-plein et dalle béton, cette dernière commence souvent à s’affaisser en premier.
Sur les maisons au volume simple, avec vide sanitaire, et bien ossaturées en poutres et poteaux en béton armé, les fissures restent souvent à l’horizontale au niveau du plancher.
Prévention
Il s’agit de maintenir le volume de la nappe d’argile. Pour cela, il convient d’abord de ne pas l’assécher avec des arbres qui prennent de l’eau à proximité, et en période de grande sécheresse, d’arroser autour de la maison – et même dessous si il y a un vide sanitaire -
Réparation
Après le sinistre, il faudra reconstituer une fondation solide avant de réparer les fissurations.
Faute de pouvoir refaire celle d’un » blockhaus » à la place de l’ancienne, il faudra aller chercher le sol ferme sous la masse d’argile avec des micro-pieux en béton.
Lorsqu’il y a un vide sanitaire, il peut être avantageux de créer une dalle de béton telle qu’elle ne puisse casser.
Les assurances
Faire réparer, serait simple si les compagnies d’assurances ne s’ingéniaient à faire trainer les choses pendant des années sous le couvert de leurs experts, avec chantage à la procédure à peine voilé.
Si le vendeur n’a pas sept ou huit ans devant lui voire l’éternité, il doit sans tarder entamer la poursuite judiciaire de son assureur par la nomination d’un expert judiciaire à la moindre velléité de faire trainer, quitte à l’abandonner si l’assurance joue ensuite le jeu. Rien ne vaut une procédure judiciaire pour inciter un assureur à se presser … D’autant qu’étant aussi celui de la défense et recours, il aura le cas échéant tout à payer au bout du bout. Cependant il faudra faire des avances, et choisir un avocat qui a une expérience en la matière.
Conclusion
Il est bien difficile de vendre une maison sinistrée par rétractation des sols. Certains vendeurs n’hésitent pas à camoufler les fissures. Une vigne vierge bien placée, un abri jardin, peut faire l’affaire. Mais la sanction encourue est la nullité de la vente, même après la signature de l’acte authentique – autant dire la ruine du vendeur à condition qu’il ne le soit pas déjà -. Certains comptent sur « l’agence » pour faire écran avec ce qu’ils dissimulent, ou minimiser le problème.
Plus sérieusement, le vendeur devra soit réparer, soit louer en attendant de pouvoir le faire.